Après le confinement, la reprise de la vie démocratique et du dialogue

Après 62 jours de confinement, l’heure est à la reprise de contact. La séquence qui a immédiatement suivi le premier tour des élections municipales a brutalement interrompu le cours de la campagne, mettant un terme à toute possibilité d’analyse, de commentaire et surtout de lien avec les électeurs.

Par égard pour les personnes confinées et plus encore, celles affligées par la maladie voire hospitalisées (j’ai pu moi-même constater l’engagement des personnels soignants tout comme la souffrance des patients, ainsi que la grande mobilisation de l’ensemble des services publics), nous avons choisi de respecter ce temps de veille sanitaire. Ce n’était pas le temps des municipales, mais celui de la dignité et du recul. Nous avons donc placé cette crise au-dessus de toute contingence politique.

Le déconfinement nous permet désormais de retrouver le temps « normal » de la vie démocratique.

Mes colistiers et moi-même vous remercions une fois encore de nous avoir placés en tête des suffrages à l’issue du premier tour de scrutin. Nous y voyons la reconnaissance du sérieux et du travail qui a été le nôtre à travers nos 70 propositions programmatiques.

Nous sommes pleinement conscients que le monde est plongé dans une crise sans précédent (Boris Cyrulnik n’hésite pas à parler d’une catastrophe) et nos thèmes de campagne, précisément, nous semblent plus que jamais « coller » à la réalité de notre société. La liste « Guéret 2020 », de gauche, écologiste et républicaine, a porté durant la campagne des thèmes qui sont en phase avec l’époque que nous vivons et avec celle de « l’après » : autosuffisance alimentaire, relocalisation des entreprises et des productions, politique d’accueil et d’attractivité, écologie, solidarité, mobilités, ville agricole, trame verte… Nous avions déjà annoncé, avec des mesures concrètes, qu’il fallait que les Guéretoises et les Guéretois se croisent, vivent ensemble, coopèrent, que ce territoire soit un espace de solidarité humaine.

Jean-Yves Pineau, spécialiste de l’aménagement du territoire, déclarait lors d’une de nos réunions publiques qu’il fallait « être fiers de notre retard d’avance ». Oui, nous sommes fiers et humbles à la fois de rassembler autour d’un programme juste, co-construit, responsable, cohérent, en phase avec notre territoire et notre époque.

Cela pourrait même faire sourire : notre programme était à tel point dans l’air du temps que des Homo candidatus locaux ont imité le coucou et se le sont allègrement accaparé. A l’instar du célèbre volatile qui vient nicher dans le nid des autres sans rien construire, des concurrents ont puisé dans notre programme et ont même parfois totalement paraphrasé nos propositions. Nous sommes heureux d’avoir été sources d’inspiration et d’avoir eu raison, d’avoir bien pris la mesure des changements de société et de bien connaître ce territoire que nous aimons…

Ce qui nous inquiète désormais, au-delà de la préservation de la santé de nos concitoyens, c’est évidemment le temps économique, mais aussi le temps social et les grandes incertitudes qui planent sur notre monde et interrogent nos modes de vie.

La souffrance des entreprises et notamment celle de nos artisans, commerçants et travailleurs locaux doit être prise en considération, de façon urgente. C’est ce qu’a bien compris la communauté d’Agglomération du Grand Guéret. J’ai en effet proposé à l’exécutif communautaire de débloquer de conséquentes enveloppes budgétaires ciblées à destination des entrepreneurs locaux.

Nous serons par ailleurs particulièrement vigilants face à la terrible casse humaine qui a déjà commencé. Notre rôle de politiques et de citoyens, c’est d’être acteurs du changement, d’être présents, de dépasser les statistiques et les chiffres pour nous porter au cœur de l’humain. Nous voulons être au plus près des habitants, au quotidien, comme nous l’avons toujours été et comme nous en avions pris l’engagement. La création d’un centre intercommunal d’action sociale, proposition que nous avions faite, en est l’illustration : nous avons besoin de liens, de solidarité et de fraternité. De la même manière, en proposant de créer un Office municipal des associations (sports-culture-jeunesse) nous serons à même de coordonner les activités d’animation proposées à tous les habitants, alors que crèches, écoles et centres de loisirs seront en grande difficulté cet été.

Nous sommes toujours là, motivés, mobilisés, à votre écoute. Le « monde d’après » dont tout le monde parle, nous ne sommes pas sûrs qu’il sera meilleur et plus solidaire, loin s’en faut. Cependant, à notre échelle, sur Guéret et son territoire, nous nous engageons à ce qu’il change en mieux : il sera peut-être plus frugal mais il devra être plus fort de liens, de projets innovants. Il faudra qu’il nous permette de « grandir en humanité ». Nous nous devons, localement, de continuer à être solidaires, unis et déterminés à créer les conditions du développement et du progrès.

Courtille, Guéret

Le temps de la démocratie et du dialogue reprend ses droits. Nous restons à vos côtés.

Eric Correia
Guéret 2020